Mercredi 19 novembre 2008

Ce matin, c’est encore la grève et je retourne au bureau. En sortant dans la rue et en allant vers le métro, je prends conscience que mon congé est fini, que la liberté d’avoir du temps pour soi s’achève. Je marche, pour éviter le premier changement, et là j’attends un bon moment le métro, et là c’est la joie d’être compressé selon le nez collé à la vitre, le dos écrasé contre la barre des sièges des strapontins, le fil de l’Ipod arraché, le risque de ne pas remonter après être descendu à une station. Oublier où on est, ne pas penser que quelques jours avant à la même heure, je regardais le ciel bleu dehors, les oiseaux qui se posent sur les bambous devant l’appart, le soleil, l’espace…Les stations défilent lentement, le terminus arrive, sortir, continuer à pieds, retrouver la rue, sortir, ma carte qui apparemment fonctionne, la porte s’ouvre. Devant les ascenseurs, pour ne pas perdre une miette de l’actualité, il y a les télés, chaînes éco, pas celle des voyages, ni le téléachat…Je me trompe d’étage, eh oui ce sont les informations les plus anciennes qui restent, bref, je finis par retrouver mon bureau, après 1H30 de trajet. Super…Plein de nouveaux dans l’équipe, je ne retiens pas grand-chose. Tous auront les mêmes questions, « c’était bien ? », « pas trop dur de revenir ? » « pas de regret de l’avoir fait »,« bon courage alors » et moi les mêmes réponses « oui c’était très bien et c’est déjà fini malheureusement », « si c’est dur, surtout par temps de grève », « si de ne pas l’avoir fait plus tôt », « merci, je pense que les prochains jours seront difficiles ». Rien n’a vraiment changé, si un peu, j’ai oublié pas mal de choses, surtout les plus récentes ! Mais très vite, j’ai le sentiment que ça n’a pas été la révolution, en même temps 11 mois c’est pas très long…J’ai l’impression d’entendre la suite d’histoires qui auraient juste été interrompues. Par exemple, le mois de novembre est le début des revendications en terme de salaires, le bouquet final étant prévu pour en général, ça change rarement pour le 20 décembre…Heureusement, je n’ai pas la même place, j’ai mes souvenirs chez moi, les photos sur mon ordi, sinon parfois je pourrais me dire, je me suis réveillée d’un rêve, et il ne sait rien passé. Ouf ! En fait, ce n’est pas un rêve, ça s’est vraiment passé. J’espère ne pas perdre le bénéfice de cette expérience tout de suite, j’espère la garder le plus possible, que les horizons que je me suis ouvert ne vont pas se refermer tout de suite, que je vais pouvoir continuer de les explorer encore…Certains me demandent de raconter, mais finalement très peu, et de toutes façon ça tombe bien, car comment résumer cette période en deux trois mots, dans un couloir, près de la machine à café ? On ne peut pas et puis faut être sur la même longueur d’onde et je me rends compte que au final c’est pas leur truc. Tant mieux, il en faut pour tous les goûts. Ce que je vais faire maintenant, dans un premier temps, me renflouer, profiter de la culture, de tout ce que je n’avais pas, de me réhabituer à la vie parisienne, de vivre différemment quand même. Essayer de faire abstraction de toute cette pollution sonore perpétuelle et de tout le reste.

 

Allez, j’veux du soleil, merci de votre immense attention !

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Mercredi 19 novembre 2008

« Bon anniversaire ! » me dit Franck au réveil. Ce matin ou depuis hier soir, j’ai 35 ans. C’est un chiffre non pas rond, mais dont on se souvient, pas comme 30 ans, mais un peu quand même. Je suis à Windhoek, il ne fait encore que 23°C environ et le soleil brille comme tous les matins. J’ai droit à un petit déj’ au lit, mais j’aime autant me lever, regarder le ciel, les tisserins à tête rousse qui vont de branche en branche, RFI avec l’arche de zoé en fond sonore. Je suis exemptée de vaisselle, privilège du jour. Ce soir, c’est une surprise pour le restau. Mais Franck me demande de mettre ma robe bleue, plus habillée. Du coup, j’ai une petite idée de l’endroit où nous irons. Au départ, on aurait du être en Afrique du Sud, dans un parc, je me disais que comme cadeau, j’aurais pu voir un lion ou même un léopard. Il n’en est rien. Dans la matinée, pendant que je dessine, j’entends le « bon anniversaire » siffloté qui précède un bouquet de fleurs. C’est très gentil et c’est la deuxième fois en un mois que j’ai des fleurs et la troisième fois en 3 ans ! J’ai explosé la moyenne des massages également, 3 en 1 an, et 3 en 35 ans ! Je reçois des SMS de souhaits dans la matinée et 2 mails. L’après midi est plus maussade. Certaines sont enceintes du 3ème. La fameuse horloge qui pointe son nez à chaque anniversaire, c’est terrible. Les temps changent mais tout de même. La notion du temps qui passe. Tiens où en suis-je ? Qu’est ce que j’ai fait ? Qu’est ce que je vais faire ? Mon mec n’est-il pas trop vieux, moi trop vieille pour avoir des enfants ? Bref toutes ces interrogation qui reviennent vous titiller de façon récurrente…L’heure de l’apéritif arrive, quelques coups de fils ou plutôt Skype viennent agrémenter la coupe de champagne français, apporté de France dans mon sac pour l’occasion. Puis nous partons au restau, celui auquel je pensais, l’établissement du pays qui figure dans le guide des Relais & Châteaux. Le dîner sera succulent, le vin aussi et je rentre un peu pompette. Naïvement, je pensais que comme cadeau final, Franck me dirait qu’il avait réfléchit positivement à l’idée de paternité. Il n’en fut rien. En conséquence, ça ajoute à la confusion sur ce sujet. Vouloir ou ne plus vouloir à force d’attendre…La suite du cadeau sera le dimanche suivant dans un lodge pas trop loin de la ville, un peu dans le « bush », la campagne local. Je n’ai pas soufflé de bougies, mais est-ce important ? J’ai passé l’âge finalement. Comme j’ai toujours travaillé et que novembre n’est pas a priori une période de vacances, c’était la première fois que je passais mon anniversaire ailleurs qu’en France. Y a un début à tout ! Maintenant quand je pense à un anniversaire, je pense toujours à la chanson de Bénabar sur les petits trentenaires !

 

Allez j’vous envoie un peu de soleil, merci de votre immense attention et à la prochaine !

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Mercredi 19 novembre 2008

Le Kgalagadi Tranfrontier Park  vient d’ouvrir sa porte côté namibien, ce qui fait gagner a priori 3-4 heures sur le trajet pour y aller, fait très appréciable. C’est un parc qui comme son nom l’indique est à cheval sur le Bostwana, la Namibie et l’Afrique du Sud. On décide d’y aller quelques jours avant que je rentre en France. Il reste des places dans les différents hébergements, des résas sont effectuées. Le jeudi on fait les courses au supermarché. Le vendredi matin, on règle les différents papiers, le visa de travail de Franck doit être prêt pour le vendredi en début d’après-midi. Sortir du pays ne lui poserai pas de problème, y rentrer en revanche serait beaucoup plus difficile. L’après-midi, pendant que je prépare les affaires (courses, boîtes, sacs…), Franck part récupérer le dit visa. Il reviendra en fin d’après-midi sans…Pas de visa. Grosse déception de ma part, les vacances s’envolent, ma dernière perspective de voir des animaux également. De surcroît, beaucoup d’animaux, de fauves ont été vus quelques jours auparavant…Finis les réveils en brousse, les safaris dans la journée, la découverte ou non d’animaux, l’ambiance, le retour le soir, avec quelques photos, l’écriture du journal pour noter de peur d’oublier les épisodes marquants de la journée, l’apéro, le dîner le soir, la nuit étoilée, attendre une étoile filante, les sons que l’on peut entendre la nuit. Rien de tout cela.

Le week-end, nous allons en périphérie de la ville, à un lac de barrage pour une balade ornithologique et au « zoo » du coin, le parc à 20 km de Windhoek, Daan Viljoen. Bien maigre consolation…Bien évidemment les établissements qui pourraient faire l’objet d’une escapade pour 2 jours sont pleins, la semaine suivante aussi ! J’aurais préféré passer mes derniers jours en balade, en safari, plutôt qu’à Windhoek à faire des dessins pour mon carnet de voyage et écrire pour mes chroniques relatant ce que je fais de mes journées. Les fonctionnaires namibiens n’ont aucune fiabilité. C’est le problème récurrent du pays surtout en terme de visas. Je ne m’y habituerais pas, je crois. Ne jamais se réjouir à l’avance, ne rien prévoir, tout peut changer du jour au lendemain. Je râle, je peste, je suis déçue, malheureusement cela ne change rien au problème. Moi si, mes prochaines vacances seront à la St Glin Glin…donc je ne décolère pas. Là, tout d’un coup faire des dessins, ça me gave ! Ils sont compétents me dit Franck…pas à mes yeux en tous cas. En ce moment sur RFI, ils annoncent des mégas manifestations dans tous les domaines, la France va être en grève générale comme en 95. Super je vais rentrer pour vivre ça ! Faut positiver, voire le bon côté des choses, mon congé touche à sa fin, mes vacances sont annulées, non la vraiment je ne vois pas, désolée je ne travaille pas chez Carrouf.

 

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Jeudi 30 octobre 2008

La première fois, non pas quand j’ai découvert une nouvelle piste car c’est assez fréquent, quoique de façon moins systématique après 3 années où j’ai passé régulièrement un peu de temps dans le pays, mais la première fois où j’ai su que Franck prenait une piste qu’il ne connaissait pas lui-même. C’était lors de mon second voyage, je ne connaissais pas trop le pays, donc j’évaluais mal les distances. Et surtout, nous n’étions que tous les deux, sans téléphone satellite avec juste un GPS, donc j’avoue j’ai flippé, j’avais peur qu’on tombe en rade et que personne ne sache où nous étions pour nous trouver. Mais rétrospectivement, j’ai vécu cela comme une grande aventure. C’était vraiment la découverte de l’inconnu, être seuls, ne pas savoir où atterrissait ces pistes, juste en croisant un peu quelques autochtones qui ne parlaient pas anglais. Cela reste un grand souvenir. Donc quand lors de ce tour, nous partions quelques jours en avance pour explorer des nouvelles pistes, trouver des nouvelles routes, je me suis dit chouette, ça va être de nouveau l’aventure. Seulement il y avait un nouveau paramètre, je connais mieux le pays, j’ai davantage la configuration du pays en tête, non pas forcément les pistes. Je sais grosso modo où cela va atterrir, dans quelle zone, j’ai une meilleure idée de l’espace temps, à combien d’heures on est de tel endroit. Par conséquent, il y a moins de d’aventure…Donc lors de notre exploration, il y a une partie de piste pour laquelle on a échoué lors du premier passage. C’était une région peu fréquentée, dans un coin où il y avait eu quelques prospections minières et il restait pas mal de « fausses pistes » qui nous ont valu un certain nombre d’allers et retours, des demi-tours, des tentatives infructueuses. Au final de cet après midi, nous n’avons pas couvert beaucoup de terrain, nous n’avons pas abouti à l’endroit escompté. C’est le jeu de l’exploration, cela ne fonctionne pas à chaque fois. Mais parfois on peut avoir de bonnes surprises, les paysages sont beaux, magnifiés je pense par la fait que ce soit une nouvelle route, une découverte en soi. On prend des points GPS, on suppute, on garde en mémoire, on imagine un nouveau trajet possible. Le but de cette reconnaissance est de pouvoir proposer aux clients un parcours original, hors sentiers battus, afin de contourner, d’éviter les grandes pistes, de proposer un parcours que les selfs-drives ne pourraient pas effectuer. Imaginer, découvrir, avoir du plaisir, même pas de panne, même pas peur cette fois-ci. Finalement, c’est un peu moins excitant, l’aventure est moins grande. C’est comme si le pays s’était rétrécit dans mon imagination à force de mieux l’appréhender. Je vous rassure, il y aura toujours de l’excitation et du plaisir, les safaris sont toujours différents, on devient vite accro…

 

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Jeudi 30 octobre 2008

En l’espace de quelques mois, dans ce domaine un certain changement s’est opéré. J’étais partie, c’était les mails au kfé Internet, le rendez-vous téléphone à la cabine « RV à la cabine à 20h » envoyé par SMS. Et là, à mon retour, LA REVOLUTION EST EN MARCHE. L’Internet est arrivé à domicile. Eh oui , ce qui fait que je peux envoyer des mails et aller sur la toile à toute heure, avec l’ADSL local, c’est pas le nouveau TGV, mais c’est tout de même la 1ère génération, ce qui n’est pas mal du tout. Plus besoin de faire la queue, d’acheter des minutes, d’avoir l’œil rivé sur la pendule en permanence…Pour le téléphone également c’est aussi beaucoup plus pratique, avec Skype, soit le correspondant dispose d’Internet et est connecté à ce moment là, soit je l’appelle directement sur la ligne fixe. En France, utiliser ce procédé c’est sympa, c’est ludique, on peut même pousser la plaisanterie avec le WI FI et se parler d’une pièce à l’autre via les ordis. C’est la technologie qui impressionne, mais de la Namibie jusqu’à Paris, là ça devient intéressant, les distances sont raccourcies. Et quand en plus on branche la webcam, on rentre carrément dans la 4ème dimension. « Tu me vois ? », «  Non pas encore ! », « là, maintenant, ça marche ? », « Oui ça marche, je t’entends et je te vois, génial ! ». Ce gadget devient un truc impressionnant, bon de temps en temps, la liaison est mauvaise, le délai de stabilisation au départ peut décourager les non initiés, mais quand tout roule, c’est hyper pratique. Au début, c’est nouveau, on en abuse un peu, c’est la découverte, mais après cela rentre dans les habitudes. Et hop, un petit coucou de temps en temps et la vidéo moins fréquemment. Parfois, le contact apparaît en ligne, on tente une connexion… Appel Skype, rien, messagerie sans réponse aussi, forcément dans les petits espaces, l’ordi n’est jamais loin, mais dans les maisons avec jardins, ça change la donne. En Namibie, le prix de l’Internet est encore très loin de la démocratisation, de l’ordre de 750 N$, je vais vous épargner la conversion, c’est environ 70 Euros, selon le taux de change. Bref, ce service est un luxe, on peut pousser le bouchon jusqu’à écouter au p’tit déj ou au dîner France Inter, c’est pas mal, surtout la 1ère fois, ça semble incroyable. Mais après, il faut faire attention, car dans le prix super cher, eh bien il faut surveiller les kilos entrants et sortants afin de ne pas dépasser. Mais, elle est où la balance ? Avec le prix pratiqué, faut en plus peser, vous y croyez vous ? Mois j’vous dis, vive la concurrence.

 

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Mercredi 15 octobre 2008

Et y a des insectes ? Oui comme partout et forcément quand on est de plain pied, avec portes fenêtres et port d’entrée ouverte toute la journée, ils ont une fâcheuse tendance à s’immiscer chez nous. Un peu comme en France l’été en fait. Les papillons de nuit se cognent aux lampes, les fourmis s’invitent pour les restes de miettes sur la table. Je sais si c’était mieux nettoyé ça n’arriverait pas…Mais faut bien qu’elles se nourrissent ces petites. Bon jusque là, rien d’extraordinaire me direz vous. Je vous l’accorde, mais quand le cafard arrive, il ne boxe plus dans la même catégorie. Il s’est pointé avec ses 6 cm, l’air de rien dans la salle de bains, près des toilettes. Ce fut la vision d’effroi le soir avant de me coucher. Ceux de Paris, on n’est pas très copains, mais là franchement je n’en veux pas du tout. J’avais déjà eu des histoires avec ses cousins thaïlandais, donc je n’avais pas trop envie de me battre à nouveau…J’ai du tout de même réitérer ma bataille contre la blatte. J’ai attrapé une grosse chaussure, pas la tong un peu mollassonne en plastique, non la grosse chaussure fermée. J’ai asséné un 1er coup, manqué, il a continué d’avancer, direction la baignoire. J’ai porté un 2nd coup, c’est coriace, il a du se glisser dans les crans de la chaussure. Le 3ème uppercut fut le bon. Il gisait maintenant au fond de la baignoire, écrasé. Il avait émis un craquement au moment de l’assaut final. Franchement dégoûtée, je l’avais planté là et j’avais demandé à Franck de bien vouloir le retirer. Eh bien, quand il allait accomplir la sombre besogne, je vous l’donne en mille, il n’était toujours pas mort, il bougeait encore…C’est super dur à dégommer ces trucs là ! Incroyable. Brr, j’en ai encore froid dans le dos. Du coup, la fois suivante, je me suis acharnée, malgré le bruit à y aller franco, j’ai déroulé un bon morceau de PQ, et il a finit noyé dans les toilettes. Faut pas pousser quand même, depuis quand les cafards à 6 pattes font la loi dans les salles de bain ? Je tolère la grande araignée à 8 pattes, près du lavabo et de la trousse de toilette, c’est suffisant. Elles se carapatent tellement vite qu’on arrive rarement à les écraser. Enfin, pour les moustiques, la meilleure alliée reste la moustiquaire, les répulsifs, serpentins et autres sont plus médiocres, mais y a pas le palu à Windhoek. Les sortes de hannetons finissent par passer inaperçus au milieu de tout ça. En brousse, le moins top c’est le solifuge, qui ressemble à une très grosse araignée, mais qui est tout le temps à 100 km/h, inoffensif, mais impressionnant avec sa couleur jaune, l’avoir entre les jambes pendant la vaisselle, c’est un peu moyen. Je m’étais alors félicitée d’avoir troqué comme tous les soirs mes sandales contre mes chaussures fermées et le pantalon…

 

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Mardi 7 octobre 2008

Quand vous décidez de découvrir un pays avec un guide, le prestataire s’occupe de vous concocter un programme, des différentes réservations des parcs, campings ou lodges selon. Après une grande partie du travail concerne la logistique. Avant l’arrivée des clients, on part au supermarché faire les courses, qui selon le nombre de jours de bivouac, pique-nique le midi, peut conduire à des chariots plein à ras bords. En vrac après une estimation du nombre de repas, on en déduit les quantités de soupes, conserves, pâtes, riz, gâteaux salés et sucrés, fruits secs, petites serviettes, assiettes en carton. Sans oublier le zip pour le feu, allumettes, produit à vaisselle, éponges, papier toilette, ziploc, charcuterie, fromages, farine pour le pain ou les desserts. Les viandes sous vide seront congelées est conservées dans le frigo, les possibilités de ravitaillement en cours de route sont parfois inexistantes. La difficulté consiste à réussir à conserver les légumes pendant une dizaine de jour, secoués dans le 4X4 et en pleine chaleur, les concombres sont pas mal, les carottes et les courgettes quant à elles peinent davantage. Il faut également prévoir du bois, pour les régions minérales, remplir les bidons d’eau, le réservoir d’eau, les boissons non alcoolisées et alcoolisées. Après les courses, il faut ensuite organiser tout ceci dans les différentes boîtes de rangement, qui devront ensuite être elles positionnées le mieux possible dans le 4X4, rangement qui varie toujours un peu à chaque tour…Donc c’est parti pour de la manutention, la musculation des bras, porter le tout d’un endroit à l’autre. L’avantage du départ, c’est l’absence de poussière et de sable sur tout ce matériel. Passer les différentes choses qui seront sur le toit, sangler le tout, réussir à tout faire tenir, les véhicules ont tendance à être un peu petit…et puis les sacs des clients arrivent, les valises sont bien sûr à proscrire…

Pendant le tour, c’est la routine de préparation qui prime ainsi que l’organisation, déchargement, travail, chargement, manutention, se baisser, se relever, se contorsionner à l’arrière pour trouver telle ou telle chose, ingrédient. Nettoyage quand malheureusement, une boite de conserve a malencontreusement éclatée dans la boite, ou qu’une bouteille se renverse…Imaginez la bouteille de jus de citron qui s’ouvre, tout est collant c’est que du bonheur ! Au fur et à mesure, tout devient de plus en plus poussiéreux, mais on finit par avoir plus de place, forcément, on nettoie également la voiture, enfin seulement l’intérieur et les vitres ! Les conditions météo viennent parfois mettre leur grain de sable, trop de vent en bivouac empêchera tel soir de faire un barbecue, sous peine de manger trop de poussière, la pluie pourra elle aussi gêner pas mal, normalement on arrive à s’adapter sans trop de souci.

Après le tour, c’est l’opération déchargement général, et là tout est sale…C’est nettement moins sympa, puis c’est le grand nettoyage, lessives, lavage de tout le matériel, c’est moins pénible quand on emploie quelqu’un pour faire tout ce travail, je vous le dis. En résumé, c’est le boulot d’une maison ambulante avec pas mal de manutention et d’organisation, vous l’aurez compris.

 

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Dimanche 28 septembre 2008

Cette fois ci le vol le meilleur marché est avec Air Namibia, transit à Francfort, sans pré acheminement de leur part, cela signifie qu’il faut récupérer les bagages à Francfort et enregistrer à nouveau. Moins pratique. J’ai préparé mon sac, les mêmes indispensables que la dernière fois, avec quelques vêtements différents pour changer et j’ai tout de même moins d’affaires, je ne pars que pour un moins et de demi cette fois. Je me prépare comme la fois d’avant sauf que je pars beaucoup moins longtemps, j’ai déjà bien entamé mon congé…Il en va de même pour les jours de mon visa de touriste, j’ai en effet passé plus de 150 jours dans le pays et la probabilité d’être ennuyée à la frontière n’est pas négligeable. Pour plus de sûreté, Franck a demandé à un organisme sur place de me délivrer un autre visa de touriste. J’ai envoyé la copie de mon passeport, mais le jour du départ, je n’ai toujours rien reçu. Ma famille m’accompagne à l’aéroport. Je n’ai pas du tout les mêmes sentiments ou impression qu’en décembre. Le premier vol est surtout rempli par des hommes d’affaires, les indications ne sont pas très claires, donc après m’être rendue à la mauvaise sortie, je récupère mon sac qui se balade tout seul sur le tapis. Je change de terminal et vérifie mon portable et là j’ai un SMS de Franck, me disant qu’il a enfin eu mon visa, mais ce n’est pas un visa de touriste, car c’était plus compliqué à obtenir qu’un visa de travail ! On croit rêver…C’est le monde à l’envers, après avoir eu un visa de touriste et être soupçonnée de travailler en douce, je vais cette fois entrer avec un visa de travail sans travailler…Je m’enquiers d’un fax afin de recevoir mon dit papier qui devrait m’assurer une arrivée tranquille. J’envoie le numéro du fax par SMS, et ça y est le fax sort, je le range soigneusement et part pour m’enregistrer sur Air Namibia. Après pratiquement 2 heures de queue, je suis enfin libérée de mon bagage…Je n’ai jamais autant attendu pour un enregistrement, c’est un mauvais point pour la compagnie. L’avion aura lui aussi des heures de vol, et la nourriture sera moyenne, l’avantage est que nous arrivons le matin de bonne heure, sans autre changement et que nous sommes même en avance. Après une nuit frisquette dans l’avion, c’est le soleil et la chaleur qui m’attendent sur le tarmac. J’ai toujours préféré les arrivées directes qui offre le plaisir d’être d’emblée dans l’ambiance, d’humer l’air un sourire aux lèvres. Je regarde autour de moi, oui c’est bien toujours le même endroit que je retrouve avec joie. Les passagers se mettent dans la queue. Ce ne sont que des femmes aux différents guichets…c’est tout de suite moins bien, car elles sont beaucoup plus dures. Le temps passe, finalement les guichets « diplomatique » et « sud-africains » autorisent le reste à venir chez eux, et ouf l’un d’eux est un homme. Suspens, après quelques questions liées à ce visa de travail, l’homme tamponne mon passeport sans plus de difficultés que ça, un des paradoxes de la Namibie. Et hop, je récupère mon sac, le pays m’ouvre à nouveau ses portes, et la porte s’ouvre sur Franck.

 

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Jeudi 18 septembre 2008

Avant mon départ en congé sabbatique, je me disais, c’est dans longtemps, je pars dans 4 mois. J’aurais 11 mois devant moi pour faire tout un tas de choses, j’avais ma petite liste. Au début du congé, il faut « se mettre dans le bain », c’est idiot à dire mais quand on travaille depuis 10 ans, on a certain nombre d’habitudes, de standards, de clichés, d’idées qui ont la vie dure. C’est ridicule, mais j’avais aussi une certaine culpabilité à ne rien faire…Puis, on se dit qu’on a le temps, de ne rien faire, de profiter du moment, le droit de changer d’avis. Au début, je voulais travailler dans une ONG, faire quelque chose « d’utile », c’était avant d’être en congé. Rapidement, j’ai changé d’avis, je voulais du temps pour moi, être égoïste, ne pas donner du temps, de l’énergie aux autres, car en fait en voulant aider les autres, c’est aussi se déculpabiliser, pour se prouver quelque chose à soi-même surtout. En fin de compte, je ne voulais pas tout de suite dans le système où il faut travailler à nouveau. J’ai eu un peu honte, mais c’est comme ça, tant pis. Des vacances, voyager, découvrir un autre mode de vie, écrire, faire des dessins, du théâtre. Et puis le temps passe, il est compté, je n’aurais pas cette possibilité, cette chance que je me suis donnée tous les ans, donc il faut en profiter un max, « rentabiliser », essayer de faire le maximum de choses. Et c’est là qu’on se rend compte que le temps passe très vite et qu’il est nécessaire de s’organiser tout de même, car sinon on risque de « perdre du temps ». Quelle notion…C’est bizarre de penser ça mais c’est vrai. Si on veut faire ce que l’on a envie de faire, tenter ce que l’on a projeté, eh bien il faut quand même se bouger. Car on a vite fait de se laisser porter par le temps, la lenteur s’installe, on prend plus le temps pour tout, chaque action, donc on en fait moins…On est moins stressé aussi. Si à Paris, le midi à la pause déjeuner, on peut cavaler à l’autre bout de la ville pour une course, le soir en sortant passer au pressing, faire les courses, préparer un dîner pour recevoir les copines le soir…Là, c’est un autre rythme. C’est agréable, cela repose. Mais après arrive la course au temps, comme le lapin d’Alice, on ne peut le rattraper, mais on veut le remplir. Essayer du moins, donc plus de dessins car après j’aurais moins le temps…Et arrive le moment terrible, merde j’ai utilisé plus de la moitié de mon congé, panique, c’est pas possible, ça passe trop vite…Là, on essaie de savourer chaque moment, de ne pas penser au lendemain, qui rapproche chaque jour davantage et de façon inéluctable de l’échéance et du retour. Les questions s’amoncellent, sans toujours les réponses. Profitons, savourons…

 

Allez j’vous envoie un peu de soleil, merci de votre immense attention et à la prochaine !

 

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Dimanche 14 septembre 2008

Il y a eu la nouveauté de la coupe de monde de foot, cette année c’est la coupe du monde de rugby. Je suis rentrée d’Indonésie avec Emirates, qui est partenaire de l’événement, je suis déjà dans le bain avec les petites serviettes affichant le fameux logo, qu’on ne peut ignorer. Je ne pouvais pas ignorer la nouvelle, j’avais déjà été mise au parfum avec TV5 quelques jours avant de rentrer, dans l’avion il y avait des supporters venus pour le spectacle. Quelques mois auparavant la coupe était venue se balader en Namibie, elle avait eu à l’époque une haie d’honneur pour sa descente d’avion…A Windhoek, on savait déjà qu’ils rencontreraient à Toulouse en septembre l’équipe de France. Et la compétition a démarré comme chacun le sait pas vraiment sous les meilleurs auspices, mais c’était lancé, le matraquage médiatique, faisait qu’on ne pouvait passer à côté de quoi déjà ? Est arrivé le fameux dimanche, et on voyait dans le reportage d’avant match, les joueurs français qui s’informaient sur le pays d’où venaient leurs prochains adversaires, la carte de Namibie s’affichait sur leur portable. Et oui cette petite équipe, avec seulement 6 joueurs professionnels, les autres s’entraînaient le soir après le boulot, le capitaine avait pu bénéficier d’un entraîneur supplémentaire. Après Brad Pitt & Angelina Jolie, c’est le rugby qui contribue à augmenter la notoriété du pays. Au début, quand je disais que j’allais là-bas, les gens disaient souvent : « la quoi ? la Nalimie ? », « non, Namibie », maintenant c’est : « ah oui l’équipe qui s’est pris une sacrée défaite ». Bon allez, je vais y aller de mon petit couplet pour défendre le plus faible. C’est sûr, jouer contre un Attila, qui a un stade acquis à sa cause, ça doit pas être facile à chaque foulée, entendre la Marseillaise à plein tube et en boucle, être quasiment toujours du même côté, et pas du bon, ça ne les a pas découragé. Les namibiens ont un peu titillé de trop prêt Attila justement, ce qui leur valu, une expulsion donc en partant avec un désavantage certain, ça accentue la difficulté.

Les mêlées sont devenues très dures, mais contre une équipe de français très professionnels, gonflés à bloc après un match contre les argentins pas folichon, ils ont eu maille à partir, mais ils ont néanmoins réussi, un drop et un essai transformé en seconde mi-temps, au dernier moment, l’honneur fut sauf. Enfin comme d’habitude la grande victoire revient aux médias qui réussissent tout de même à attirer devant la télé des personnes, j’avoue j’en fait partie, qui ne sont pas les premières à mater les matchs de rugby loin s’en faut, ou si de temps en temps, car la petite danse de début de match des néo-zélandais, ça vaut tout de même le détour…même ma grand-mère de 94 ans regarde les matchs, personne n’y échappe. A moins de boycotter totalement l’événement, mais là se détourner de tous les médias en même temps, c’est pas facile. Car dans les canards on y apprend également que nos français ont un maillot conçu spécialement, avec des petits picots sur le ventre et les bras, ça sert à quoi, ben à tenter de retenir le ballon qui tenterait de se faire la malle en douce, pardi, idem pour l’espèce de virgule qui là aurait pour but de brouiller la vue du joueur adverse selon la direction prise. Si, si, si, je l’ai lu et pas dans l’Equipe. Que le meilleur gagne, c’est la meilleure conclusion car j’ai un petit faible pour la Namibie (zaime bien le pays), l’Argentine aussi (une des meilleures amies en vient) et la France par patriotisme, car c’est compliqué, ils sont tous dans la même poule en plus.

 

Allez j’vous envoie un peu de soleil, merci de votre immense attention et à la prochaine !

Par Pagel - Publié dans : Billets d'humeur - Communauté : voyages aux 4 coins du monde
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