Mardi 9 septembre 2008

J’ai eu cette année quelques expériences de voyager seule. Dans 2 grandes villes, Cap Town et Jakarta et à la campagne à Vic Falls. Cela suppose une certaine organisation et parfois des déconvenues. Trouver son hôtel, pas trop loin du centre quand on est pédibus, par exemple. Entre les photos sur Internet, le descriptif et la réalité, la différence peut être importante. Si à Cap Town, l’hôtel s’est avéré loin du centre, à Jakarta, je suis revenue à l’Ibis pour retrouver des normes occidentales. A Vic Falls, pas trop de surprises. Dans les villes on ne rencontre personne, en revanche à Vic Falls, j’ai rencontré d’autres voyageurs. Le plus difficile, c’est de ne pas pouvoir raconter sa journée, ses impressions à quelqu’un. C’est le journal de bord qui y a droit, mais c’est un peu frustrant. Internet ou les SMS réussissent à réduire ce problème. J’ai remarqué qu’on fait moins de choses seule, il faut déjà du temps pour s’organiser, réserver, on n’a pas forcément la place quand on le souhaite, pour aller sur une île ou autre. On s’astreint à une plus grande vigilance, étant seule, ses papiers, argent...On se recrée également une petite routine, faire ses courses au supermarché, lire les guides, journal de bord, ranger ses petites affaires, rester reliée avec le monde. C’est pas facile tous les jours, ce n’est pas une découverte. Choisir son programme, se rendre compte que finalement ce qu’on avait prévu, n’est pas trop réalisable, trop loin notamment, c’est souvent le cas. En dehors du pays, on imagine les distances sur les cartes, mais à chaque fois, même si cela me semblait faisable, j’ai renoncé à plusieurs projets. On voyage différemment, on est plus lent, mais on a le temps de lire le journal local, on s’imprègne davantage de la ville, on est moins de passage, au pas de course entre 2 visites, 2 étapes. Si d’autres demandent ce qu’on a fait, en quantité, c’est moins important, ce n’est pas forcément plus qualitatif, c’est à un autre rythme. On utilise beaucoup plus les taxis qu’en voyage organisé. On a beaucoup plus conscience du poids de notre bagage, surtout quand un sens aigu de l’orientation nous fait défaut et que les indications sur Internet étaient trop vagues ! La fois suivante, on essaie de voyager plus léger, mais quand on porte son sac il est toujours trop lourd. Quand on est déçu, on ne peut s’en prendre qu’à soi même, donc on apprend pour la fois suivante. Mais après, malgré les aléas, je suis satisfaite, c’est toujours enrichissant, on est souvent loin des clichés cartes postales, car souvent en organisé les TO s’arrangent à ne montrer que les vitrines et non ce qu’il y a autour. Mais nous, tous seuls, on ne sait pas ce qu’il faut éviter. Du reste, comment éviter les ordures omniprésentes à Jakarta ? Allez trêve de blague, on s’enrichit, quel que soit notre voyage, mais parfois le bénéfice n’est pas immédiat, il est ressenti après coup. Ah, si, pour se prouver qu’on est capable de le faire, chacun à son échelle, bien sûr. Bon, pour finir, ça n’empêche pas d’avoir ses coups de blues, mais qu’est ce que je fous là, toute seule comme une cruche avec personne avec qui partager. Style, dans le bus de retour de Vic Falls, aux alentours de Katima, & si c’était le dernier coucher de soleil namibien que je voyais ? Ah les lumières africaines, toujours inoubliables sont ma petite madeleine, rien que d’y pense j’en ai envie...

 

Allez j’vous envoie un peu de soleil, merci de votre immense attention et à la prochaine !

 

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Dimanche 31 août 2008

Les guides indiquaient le port de Sunda Kalapa à visiter, avec des bateaux typiques, les « bungis » en bois. Je pars de l’hôtel et vais prendre le bus, le Transjakarta jusqu’au terminus à Kota. Ce trajet là dure quasi 1 heure. Après ça, d’après le plan, il suffit de faire 1 km et on y est. Sur la fin du trajet, on traverse un peu le quartier chinois, Glodok, assez délabré pour ce que je vois à travers le bus. Kota est un quartier dense, je me dirige vers le port, en chemin je croise une équipe de tournage, dans le vieux Jakarta (ex Batavia), près du musée et d’un canon. Je continue et là la découverte commence, il  faut longer une sorte de canal, qui relève plus d’un égout, des échoppes toutes plus misérables les unes que les autres (ateliers mécaniques...), boui-boui pour manger. Comme partout des hommes désoeuvrés, attendant je ne sais quoi. Derrières quelques taules j’aperçois des paillasses, les rues sont défoncées, boueuses, la circulation toujours dense, bruyante, ça klaxonne, l’atmosphère est suffocante, la poussière vient s’y ajouter. Je marche, le port ne doit plus être loin. Ce n’est qu’une succession de misère, de l’autre côté de l’égout, se succèdent des « maisons ». Le port en lui-même semble petit, je marche à la recherche de ces bateaux, ils sont semblent-ils amarrés le long du quai, des hommes chargent des tas de marchandises, là encore, ce n’est qu’une succession de boue, d’ordures, d’odeurs. Je rebrousse chemin et me mets à la recherche d’un taxi, j’en trouve un, qui là encore parle un anglais très succinct, résultat, il me fait passer par une sorte d’autoroute, ça roule, mais ça me paraît tout aussi long et ça finit par être cher. Tant pis, je rentre à l’hôtel, après la découverte d’un Jakarta insoupçonné et dont je me serais peut être passé finalement. Il est difficile d’imaginer que coexistent ces deux mondes parallèles, celui de cet après-midi, et l’autre, celui où ils ne cessent de construire des gratte-ciels à tour de grue, des galeries commerciales regroupant les plus grandes marques, de Tiffany’s, à Cartier, en passant par Mont Blanc et le Hyatt Hotel. La constante reste la pollution, le trafic intense, les odeurs, le bruit et les ordures. J’ai l’impression d’être sur une autre planète. Je vis sur celle où nous trions nos déchets, nous sentons concernés par l’environnement, on a maintenant un ministère spécial, ici rien de tout ça ne semble exister. C’est difficile à imaginer et c’est révoltant. Entre voir certains reportages à la télé et le « vivre », être de passage, y’a un fossé...Après ça j’avoue, je suis rentrée dans mon hôtel climatisé, j’ai pris une douche chaude, mangé un Carambar et allumé TV5 pour me changer les idées. Sale bourgeoise, va...

Allez j’vous envoie un peu de soleil et du CO2 en plus cette fois ci, merci de votre immense attention et à la prochaine !

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Samedi 23 août 2008
 

Jakarta, ville qui s’étend sur 25km, + de 9 millions d’habitants, température de + de 30°C, et + de 80% d’humidité. On arrive par le train, tout le long du chemin, en revenant de l’est de Java, pendant 1 heure, ce n’est qu’une succession de déchets, habitations sommaires. Le long des voies ferrées, ce n’est pas forcément le meilleur paysage, mais comme j’ai déjà pu le constater dans le reste du pays, le mot écologie n’existe pas dans leur vocabulaire. La notion d’ordure leur est totalement inconnue. Ils brûlent les forêts à tout va, les ordures s’amoncellent. A la gare, nous prenons un taxi, pour aller dans un hôtel bas de gamme, dans le quartier routard. Hôtel crapoteux, chambre sans insonorisation, on entend le gars d’à côté qui prends sa douche ou gerbe, pas de porte à la salle de bains, on est directement dans la mosquée, ainsi que dans le karaoké du coin. La clim’ est très aléatoire. Bref le lendemain, je change de crèmerie, et vais à l’Ibis, aperçu au détour d’une ballade où je tentais de repérer le quartier. Chose pas forcément aisée, tous ces immeubles se ressemblent, les charrettes proposant de quoi manger se succèdent, sans fin, avec elles l’odeur de friture et tout ce qui gît à côté. Les Wartel (centre de téléphone et Internet) se suivent, ainsi que les agences de voyage. Les noms des rues ne sont pas flagrants...L’Ibis c’est pas très exotique, mais au moins, la clim’ fonctionne, c’est une vraie salle de bain et c’est calme. Car après une ballade dans cette ville, c’est nécessaire. Le niveau de pollution, au CO2 et sonore atteint des records. Il y a plus de 2 roues, que de voitures. Il faut attention, en traversant, c’est l’anarchie, mais également sur les trottoirs, les 2 roues s’y risquent fréquemment. Il faut également s’habituer à être dévisagée en permanence. Derrières certains gratte-ciels se cachent des centres commerciaux, où les plus grandes marques de luxe sont représentées. Sitôt sortie de là, on peut tomber sur des habitations décrépies, dépôts d’ordures, chantiers en construction, on a l’impression que dès qu’on traverse que c’est un périph’, parfois on a droit à un pont. C’est une ville très contrastée, pas d’édifices anciens, tout est moderne. Demander son chemin n’est pas chose aisée, il faut pratiquement crier et surtout les gens ne parlent pas anglais ou très peu. On peut manger pour 2 euros, enfin assis dans un restau, je n’ai pas testé les charrettes le long de la route, le côté je mange dans les pots d’échappements j’aime pas trop. Ils construisent à tour de grues, mais certains trottoirs et routes sont totalement défoncées...Aujourd’hui j’ai trouvé un yaourt au supermarché, c’est un exploit car les laitages en Indonésie ça manque beaucoup. Je suis devenue millionnaire en roupies ! J’oubliais, il y a tout de même une mesure écologique, que je n’ai pas vérifiée, les automobilistes aux heures de pointes du matin et du soir doivent être minimum 3 dans leurs voitures, sous peine d’amende. Ils ont peut être résolu le problème en empruntant les 2 roues.

 

Allez j’vous envoie un peu de soleil et du CO2 en plus cette fois ci, merci de votre immense attention et à la prochaine !

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Jeudi 14 août 2008

La première image qui me vient de Bali, c’est le vert, les rizières et une apparence trompeuse de fraîcheur…et pas la mer. Le vert et les rizières seront bien présents, mais c’est la moiteur qui remplacera la fraîcheur. Les rizières sont présentes de plusieurs manières étagées, comme le montrait le film avec Marc Lavoine, « Toute la beauté du monde », avec des formes arrondies, à la manière souple des bancs de Gaudi dans le parc Guëll à Barcelone, les palmiers, cocotiers, bananiers viennent se poser sur les différentes marches et se refléter dans les canaux d’irrigation. Tous ces petits plans sont repiqués par bien souvent des hommes, majoritairement âgés, courbés les pieds dans l’eau. Chaque champ est délimité par des petits chemins qui parcourent la campagne et sur lesquels la progression pour les novices inexpérimentés que nous sommes relève de la gymnastique sur poutre humide et glissante parsemée de chausse-trappes car parfois ouverts pour laisser passer l’eau…Au départ cela ressemble à de multiples petits groupes d’herbes, puis cela pourrait s’apparenter à nos épis de blé. C’est une culture omniprésente, pour éviter que les oiseaux ne festoient de trop avec les grands ils ont installé de nombreux épouvantails qui viennent ajouter des touches de blanc dans le paysage. Ils agrémentent les rizières de sortes de petites éoliennes faites de branches de palmiers qui avec le vent entraîne une petite roue qui cliquettent. Souvent, on croise au détour d’un chemin, un petit autel de campagne destiné à recevoir les offrandes, les petites compositions de fleurs, les tressages variés, bâtons d’encens. Ces autels sont eux aussi au même titre que les rizières, font partie intégrante de Bali. Le long de la route, on ne dénombre plus les temples, les très grands et les plus petits, plus familiaux, offrant des statues très vite patinées par le temps, l’humidité, la mousse se développant…Les portes, murs sont richement sculptés de dragons, déesses, Ganesh et autres. On découvre des petites pyramides, avec des étages de toits qui grimpent en se rétrécissant et sont construits avec des fibres de palmiers noirs, et laissent apercevoir entre de nombreuses dorures. La préparation des offrandes et notamment les tressages est effectuée cette fois-ci par les femmes, là aussi majoritairement âgées, le savoir-faire est en train de perdre. Assister au défilé des offrandes ou à une procession est un défilé de couleurs géant et redonne un peu de gaieté si celui-ci s’effectue sous la pluie ! Les femmes marchent en ligne, habillées à l’identique, un sarong, un chemisier, une ceinture et le plateau d’offrande posé sur la tête, les hommes suivent habillés eux aussi à l’identique, un sarong, une veste, et un petit couvre chef sur la tête constitué d’un petit turban noué, ils s’occupent de l’orchestre. Toute cette nouveauté culturelle est intéressante.

 

Allez j’vous envoie un peu d’humidité, merci de votre immense attention et à la prochaine !

 

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Mardi 5 août 2008

L’Indonésie est réputée pour ses volcans, Java ne fait pas exception à la règle. J’ai fait l’ascension de 2 de ces derniers, situés à l’est de l’île. En premier lieu, le Mont Bromo, nous l’avons mérité car nous venions de Jogjakarta, ce qui fait une trotte par la route ! Avant d’arriver à l’hôtel situé en haut d’une montagne, il nous a fallu patienter sur une route très escarpée, avec de nombreuses épingles à cheveux et enfin nous avons pris le chemin de nos lits pour une courte nuit…Réveil à 3h45, là l’excursion est bien roée, une armée de petits 4X4 Landcruiser attendent les nombreux touristes pour les emmener au sommet du Pananjakam à 2770 m afin de voir le lever de soleil sur l’autre versant de la montagne sur le Mont Bromo. Le point de vue est assailli de monde, chacun tente de se frayer un chemin afin de voir le spectacle. Les lumières du jour commencent à poindre et déjà on devine les couleurs : roses, jaunes pâle et violet. Le groupe de volcans s’offre à nous, le Semur a une éruption toutes les 30 minutes environ, on le sait car les « OH !, AH ! » laissent place aux bavardages des touristes, toutes les têtes se dressent, les flashs crépitent, les moins chanceux ou les plus petits se plaignent de ne pas avoir vu le moment où…le moment où ça sort des entrailles de la terre. J’en fais partie. Reste le petit nuage qui monte dans le ciel, un peu façon Hiroshima. Le Mont Bromo quant à lui fume en permanence, son ouverture est beaucoup plus large. Après avoir apprécié ce spectacle vivant, nous redescendons, assez lentement car il faut que le convoi de 4X4 s’ébranle et nous allons maintenant voir ce que le Bromo a dans le ventre. Là ce moment me donne l’impression d’un air de déjà vu, comme pour l’ascension du Mont Sinaï, où les nombreux hommes du coin attendent avec leurs chevaux ou chameaux pour proposer leurs services afin d’épargner un bout de chemin aux touristes et de gagner de l’argent… Donc nous commençons à respirer de la poussière. Après la montée des marches, le cratère est béant devant nos mirettes, c’est un grand trou gris avec de la fumée blanche qui s’en échappe. C’est très intéressant à voir, mais c’est moins esthétique que la vue que nous avions quelques heures auparavant. Dès qu’on s’écarte un peu du chemin, les touristes se raréfient. Après quelques minutes de contemplation je redescends et croise à nouveau les taxis locaux. Le Kawah Ijen est encore plus à l’est de Java. Le lever est à 5h00, nous avons une heure de route avant le départ pour le « cratère vert » qui culmine à 2400m. Celui est beaucoup moins fréquenté eton y rencontre principalement par des francophones, Nicolas Hulot avait présenté une émission sur ce sujet et l’effet de mode perdure apparemment. Il pleut, il pleuvra plus ou moins durant toute la montée, c’est dommage, on ne voit pas beaucoup le paysage, c’est ambiance brumeuse, on pourrait se croire en Ecosse. Le chemin est assez large, on croise les porteurs de soufre qui redescendent chargés de leur précieuse cargaison. Ils peuvent parfois avoir jusqu’à 80kg répartis dans les 2 paniers qu’ils portent sur les épaules, ils sont souvent en tongs ou aujourd’hui parfois en bottes de caoutchouc. A peu près à mi-parcours, ils font une halte, nous aussi, c’est l’endroit où s’effectue la pesée, ils peuvent également se reposer, se restaurer…Puis nous continuons, nous apercevons de temps en temps à travers la brume, les montagnes et la végétation, malgré la pluie, c’est plus agréable, plus nature que l’autre volcan. A l’arrivée en haut du volcan, c’est l’éclaircie qui nous attend, c’est une chance pour voir ce fameux lac vert tant attendu, c’est mieux ! La vue est très belle, c’est insolite comme couleur et l’environnement plus spectaculaire que le Bromo à mon sens. On aperçoit en bas du cratère, outre le lac, le soufre, la fumée et les mineurs des temps modernes en train de remonter leur chargement. Même d’en haut l‘odeur de soufre parvient jusqu’à nos narines, j’achète le petit souvenir local, une tortue moulée en soufre à l’un des porteurs. Je peine (car souffrir serait indécent) à la descente, la pluie est à nouveau là et j’imagine à cet instant faire ce trajet avec des kilos sur le dos. Cela va sans dire que de telles conditions de travail raccourcissent d’autant l’espérance de vie de ces hommes…

 

Allez j’vous envoie un peu de soufre, merci de votre immense attention et à la prochaine !

 

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Mercredi 30 juillet 2008

Fly Emirates, compagnie aérienne importante a beaucoup de vols qui transitent par Dubaï. Lors de mon vol à l’aller pour mes vacances en Indonésie, il est minuit passé quand nous atterrissons à Dubaï. Nous sortons de l’avion et c’est le contrôle pour rentrer dans l’aéroport, chaussures, ceinture, bagages, tout y passe. Après ces formalités, on rentre dans une sorte de ville, qui grouille de monde et d’activité. J’ai 3 heures à passer ici. Je découvre une galerie marchande sur 2 étages. Je jette un coup d’œil sur les produits proposés en termes d’appareil photos. Après une rapide conversion les prix ne semblent pas si intéressants que ce que je pensais. Mais si on veut faire du shopping, toutes les plus grandes marques sont représentées. Swatch, Breitling, Gucci, Bulgari pour les montres. Les incontournables cigarettes et alcools sont de la partie. La librairie est moins bien achalandée que celle de Johannesburg. On perd la notion du temps, le début du décalage horaire y est sûrement pour quelque chose. Une voiture trône sous les projecteurs, les illuminations sont nombreuses. Tout est aseptisé pour la foule qui transite ici. C’est un très grand aéroport, je me balade, je fais le tour, quelques cafés sont entre les boutiques. Outre la monnaie locale qui est acceptée, le dollar américain est roi, puisque tous les prix sont libellés dans les 2 devises. J’ai soif, mais je n’ai ni l’un, ni l’autre et je n’ai pas envie de « faire une carte bleue » pour une bouteille d’eau. Donc je me contente de ce que j’ai sur moi, un truc à grignoter. Les fumeurs sont parqués dans un enclos de verre. Après avoir déambulé, je trouve un siège vacant et me pose afin de regarder passer les gens. Des riches arabes en djellabas succèdent aux touristes américains ou européens en tongs. Certains ont des sacs de shopping énormes et ne savent plus comment les tenir. Mais ils ont pensé à tout, y a des petits chariots de supermarchés prévus à cet effet ! Trop forts, vive la consommation, mais quand on passe des heures à attendre on est plus enclin à dépenser de l’argent…Le prix du panier moyen doit être assez important ! A chaque fois dans les aéroports, il y a toujours pénurie de sièges, donc souvent les gens s’installent par terre, les duvets servent d’oreillers, les sacs idem, chacun se « construit » son petit abri, façon « clodo ». Cet aéroport vit 24H/24, c’est pas comme d’autres qui au milieu de la nuit deviennent un peu désert avec les rideaux des boutiques baissés, ici rien de tout ça. Tout le monde est logé à la même enseigne, selon les décalages horaires des uns et des autres, si l’on fait un trajet Europe Asie, ou Asie Afrique. Certains dorment, lisent, mangent, écoutent leur baladeur, tapent sur leur ordi portable, écrivent. Les portes pour les embarquements sont nombreuses, le chemin est long, les couloirs se succèdent, les tapis roulants aussi… Dans les aéroports on attend beaucoup : pour aller aux toilettes, montrer son passeport, se faire fouiller (ça peut être long surtout si le préposé décide que tout le monde doit quitter ses chaussures même les porteurs de tongs !), embarquer, monter dans l’avion, accéder aux coffres à bagages, descendre de l’avion, récupérer ses bagages… Allez j’vous envoie un peu de chaleur, merci de votre immense attention et à la prochaine !

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Jeudi 24 juillet 2008

Un des trucs sur la liste "tout ce que je voudrais faire cette année : osons", le théâtre. Les émotions ressenties lors d'une pièce de théâtre sont différentes de celles du ciné, car plus vivantes. Ah, ben ça c'est une découverte ma fille, hyper intéressant ton billet d'humeur… D'accord, mais vous ça ne vous a jamais titillé d'essayer d'éprouver ça en vrai, de voir ce que ça peut donner, d'oser se jeter à l'eau ? Moi si, donc j'y vais, je saute. Le premier contact téléphonique avec la prof s'est bien passé, son programme me plaisait. Avant que cela ne commence, j'avais un mélange d'excitation et de peur. Mais au fond de moi, je sentais que ça allait me plaire. Premier jour, j'ai préparé toutes mes petites affaires pour ce cours où la plupart des élèves en avait déjà fait. On commence par des exercices de relaxation, de visualisation, de diction, sons aigus, graves, chuchotements, cris…Puis enfin, la première lecture des textes, beaucoup d'extraits de "On ne badine pas avec l'amour", un poème de Prévert, du Tardieu, Goldoni, Tchékov. Je n'ai pas vu le temps passer, mais je ressors assez vidée, c'est un véritable travail sur soi. Personne n'a dit que cela était facile, mais rien qu'à la fin du premier cours, on prend pleinement conscience du travail des comédiens. Au fil des jours, nous enchaînerons des improvisations, le "je t'aime, je te hais", sans en mourir comme nous a dit la prof, donner des émotions, en recevoir, prendre possession de l'espace. Le professeur nous guide, nous explique, nous soutient, nous pousse, nous bouscule. Elle s'investit pleinement, nous aussi. Parallèlement, nous travaillons les scènes, prenons un costume, jouons le texte avec le papier, on tente de s'approprier le jeu de scène, et d'essayer de mettre tout cela en place. J'essaie de répéter le matin chez moi, pas facile mais rigolo. Cela m'a permis de relire Badine, de l'apprécier davantage et sa tirade célébrissime, dont chaque mot a son importance.  Ce n'est pas "…l'union de ces deux êtres…", mais "…l'union de deux de ces êtres…", le poids des mots, un de ces mots qui fait toute la différence pour ce couplet sur les hommes et les femmes. Ecouter les autres est aussi intéressant et enrichissant, réussir à percevoir les émotions qu'ils véhiculent. Passer d'une scène à l'autre, troquer le costume de Perdicant contre celui d'une snob en conversation avec le diable.

Chaque soir je suis encore dedans et le week-end qui a suivi ce stage également…Ce fut dur, intense, enrichissant, mais mon congé ne me permet pas de m'inscrire à l'année pour le moment. Ce n'est que parti remise. En attendant, je vais continuer de me délecter des textes.

 

Allez j’vous envoie un peu de pluie, merci de votre immense attention et à la prochaine !

 

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Mardi 15 juillet 2008

Les derniers jours passés furent un peu bizarres, j’effectue quelques achats, souvenirs à rapporter…un peu partagée dans mes sentiments, un peu triste. A Joburg, je vois dans la file d’attente des français, râleurs…car l’avion va décoller en retard, et qui probablement vont travailler en rentrant. Et là, je prends conscience que moi je ne vais pas retravailler tout de suite et ça c’est cooooool. Nous arrivons avec pratiquement 2 heures de retard, en attendant mes bagages je vois des français qui là encore vont se remettre au boulot. Retrouvailles avec ma famille, c’est cool, 6 mois ont passé. Le temps est gris, le plafond est bas, l’atmosphère est moite, chargée d’humidité. Je retrouve mes affaires, ce qui reste de mes plantes. Je revois des amis, la famille. A l’inévitable question : « que fais-tu après ? » « je ne sais pas ». J’ai envie d’aller voir un peu l’Asie, de changer de continent. Je vais finalement aller en Indonésie 3 semaines. Je m’inscris également à un stage de théâtre. Je profite d’aller à la FNAC, je vais 2 fois au ciné, au restau. L’odeur dans le métro n’a pas changé. Ce qui était déjà pesant avant de partir l’est toujours, comme c’est étrange, la pollution sonore, les klaxons toute la journée, les embouteillages qui me semblent plus importants…La météo d’été n’est pas au rendez-vous, la pluie et le mauvais temps s’enchaînent. Mais les immeubles, l’architecture, la culture sont toujours là. Ici, rien n’a changé, c’est terrible, mais en rentrant je n’ai pas l‘impression d’être partie 6 mois, alors que là-bas le temps s’écoulait normalement…C’est un peu déroutant et décevant à la fois. Je n’ai pas de folles envies de me balader dans Paris, j’aspire à retrouver un peu de calme, de campagne, j’essaie de grouper mes sorties, de toute façon je n’ai pas de budget pour les soldes. J’éprouve une sensation de décalage, de n’être pas encore tout à fait à Paris, mais plus vraiment en Namibie. Les apéritifs et le manque de sport ont eu raison de mon jean, une surveillance diététique et une remise en forme sont nécessaires. J’ai une pochette avec 6 mois de courrier, les seuls qui soient vraiment intéressants sont les faire-part de naissance ou cartes postales puisque les factures ont été payées au fur et à mesure. Je regarde avec plaisir les émissions enregistrées en mon absence, celles qui avaient pour sujet la Namibie ou l’Afrique australe en fait. C’est fou ce qu’on arrive à voyager avec ces émissions, en fait. Je lis « une vraie parisienne », roman bien écrit et très rigolo qui change de ma dernière atmosphère. Quand j’entends parler anglais dans la rue, je prête l’oreille, ce qui était courant là-bas en Namibie, l’est devenu beaucoup moins ici en France. Je retrouve l’abondance de littérature, les 4X3 dans le métro, je ne lis pas comme avant, mais j’observe. Je regarde les gens, comment ils sont habillés, heureusement c’est l’été, il y a quand même moins de monde qu’en temps normal, ouf. Pour traverser, ce n’est pas que j’ai pris des habitudes mais je regarde dans tous les sens en ayant un doute sur le sens d’arrivée des voitures. Dans le premier supermarché visité, j’ai regardé tous les rayons pour repérer les nouveautés, l’abondance de choix me surprend, j’avais oublié, il y a pas mal de nouveauté dans les yaourts, les thés, les chocolats…Le mot essentiel est profusion dans tous les domaines, je suis de retour dans la société de consommation.

 

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Jeudi 10 juillet 2008

En Namibie, la première impression en terme de « population locale » est très différente de celle d’Afrique de l’ouest, c’est plutôt bicolore contrairement au Mali par exemple où c’est plus multicolore. L’Afrique du Sud n’est pas loin et dans les rues de Windhoek on pourrait oublier qu’on est sur le continent africain. On croise de temps en temps des femmes Herero, reconnaissables à leur tenue, de grandes jupes longues avec plusieurs jupons, un chemisier assorti, et un chapeau en forme de tricorne, le tout de la même couleur. C’est un héritage du colonialisme allemand qui perdure encore. En plein été, je ne les envie pas ! C’est clair, que ce n’est pas ici que vous pourrez suivre la mode, loin s’en faut, c’est le look campagne allemande qui prime... Mais des filles dans la rue portent des leggings, si si si il y en a. Et de temps à autre, surgit une Himba au détour d’un feu tricolore en attendant de traverser où en train de se promener dans une galerie commerciale. Elle ne passe jamais inaperçue, reconnaissable entre tous, seulement vêtue de son pagne et parée de ces colliers, celui avec le gros coquillage blanc entre les seins, la ceinture, les bracelets de cheville, le plus souvent pieds nus et complètement enduite de son mélange hématite graisse. Cette vision insolite l’est beaucoup au nord dans la région d’Opuwo, fief attitré de ces Himbas. Comme l’a dit Muriel Robin dans l’émission « rendez-vous en terre inconnue », la première fois, croiser une Himba dans les rayons du supermarché est toujours un grand étonnement. Mais dans le Kaokoland, les Himbas ne sont pas toujours habillés de façon traditionnelle. Près d’Epupa, en dehors des villages classiques, certains sont vêtus à l’occidentale, leurs enfants vont à l’école dans la région. Une fois, nous avons pris en stop une fillette et un jeune homme, l’une retournait à l’école, l’autre, je ne sais trop quoi…Nous les avons déposés dans une ville à environ 1heure et demie d’Epupa, ils parlaient anglais. De façon plutôt incongrue, ils ont siroté un mélange de vin bouchonné, agrémenté de Fanta…Une autre fois, nous avons pris en stop un berger, habillé d’un pagne, il marchait, son bâton à la main sur une piste très peu fréquentée, il ne parlait pas un mot d’anglais et s’est chargé de répandre une douce odeur dans le Land Rover…Entre l’endroit où on l’a pris et celui où on la déposé la différence n’était pas bien grande, partout le désert, ni eau, ni habitation visible. Quand nous avons effectué la marche de reconnaissance le long du fleuve Kunene, notre guide Himba était lui aussi vêtu à l’occidentale, enfin un short, et de vieilles chaussures, nous lui avons donné à la fin de la marche une paire de chaussures de randonnée toutes neuves, son visage irradiait de joie …Il ne parlait pas anglais, nous communiquions par gestes et nous lui avons fait une confiance aveugle sur le chemin emprunté. Les opinions des blancs en Namibie sur les Himbas divergent. Certains semblent partager l’avis du gouvernement et voient avant tout en eux une minorité qui n’a pas voix au chapitre. Je ne partage pas cet avis et pense qu’au contraire il est important de pouvoir préserver justement ces minorités ethniques, que pour notre avenir et notre planète c’est important de tenter de préserver ces minorités. L’introduction de la « modernité » dans ce peuple n’a malheureusement pas que des avantages…on peut déplorer les ravages que l’alcool fait sur ces Himbas, le côté « village témoin » qui parfois résulte du tourisme.

 

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Vendredi 4 juillet 2008

A. Prendre l’AVION pour ARRIVER (ça y est j’y suis) et retrouver mon AMOUREUX. Laisser ses AMIS, boire un AMARULA de temps en temps. Aller en AFRIQUE du Sud.

Quel AVENIR ?

 

B. Ecrire des BILLETS d’humeur. Manger du BILTONG, faire des BBQ en BIVOUAC. Aller au BOTSWANA

 

C. Découvrir la CHALEUR. Rappelle-moi à la CABINE. Déjeuner au CAFE des ARTS. Acheter un short chez CAP UNION MART. Manger les CITRONS du jardin de CHRYSTEL. Rêver devant un début de CHASSE. Créer un CARNET de voyage. Aller dans le CAPRIVI.

 

D. DESSINER. Mater les DVD apportés de France. Payer en DOLLARS Namibiens. Passer une bonne semaine avec DENYSE. Rêver dans le DAMARALAND. Se DETENDRE. Ne pas penser au DEPART.

 

E. Chercher les ELEPHANTS. S’ENNUYER à Wdh sans travail. Profiter seule d’EPUPA. Revenir à ETOSHA. Mon EKIPA est restée à Paris.

 

F. FRANCK (facile). Aller au FNCC (c’est quand même pas la Fnac). Laisser sa FAMILLE. Etre entourée de FLEURS. Aller au FISH RIVER CANYON. Avoir des problèmes à la FRONTIERE. Des vrais FROMAGES, ça manque.

 

G. Faire des GAME DRIVE c’est toujours excitant. Boire un GIN TONIC de temps en temps (ça fait ancien colon). Aller dans les GALERIES Marchandes (un peu bof, c’est toutes les mêmes). Faire une étape au GROOTBERG Lodge.

 

H. Les HIMBAS à Opuwo (classique) & à Wdh (un peu moins). L’HIVER ça caille sans chauffage.

 

I. INDEPENDANCE Avenue souvent empruntée. L’INTERCAPE moins souvent, seulement pour sortir du pays. L’IPOD toujours fidèle. L’IVOIRE (mon jonc qui ne me quitte jamais est resté à Paris), à la place regarder les masques. INTERNET (enfin surtout les mails car le débit c’est pas ça et c’est loin)

 

J. JOIE. Pas vu les JACARANDAS en fleurs. Pas vu non plus de JABIRU, mais des JACANAS. JEEP (les vêtements)

 

K. KATIMA (un autre style). La KUNENE, que de souvenirs... Le KAOKOLAND pour ses paysages immenses.

 

L. Les LYCAONS vus pour la première fois (dans le Kalahari, mais c’est pas loin). La marche avec les LIONS, mais aussi la boîte d’allumettes. LAND ROVER indispensable. Les LUMIERES magiques & inoubliables.

 

M. MOWANI (bel environnement). MARCHE sous 45°C. Les MANGUES. Les MARIE-CLAIRE (apportés de France). Les METEORITES, je passe devant tous les jours.  MASQUES africains. Les MAILS (t’en as combien aujourd’hui ?)

 

N. NOUVEAU cadre de vie. NAMIBIE (facile). NOIRS

 

O. OSER. Avoir son ORDI (essentiel). Ecouter et traquer les OISEAUX. Avoir la chance d’aller à ONGAVA lodge (en pleine brousse)

 

P. PROTELE (vu pour la première fois). Les PISTES empruntées avec la POUSSIERE. Les PHOTOS (plusieurs gigas). PEDIBUS dans Wdh. La PISCINE souvent l’été. Les PALMIERS comme décor. Les PAYSAGES bien sûr. PEUR (de l’avenir). PICK & PAY (pour faire les courses)

 

Q. Questions, toujours plein et pas forcément des réponses.

 

R. RFI (pour rester connecté avec la France). Faire des RENCONTRES. Voir les chutes RUACANA (sacré débit)

 

S. Voir le SOLEIL (tous les jours). Partir en SAFARI (toujours une surprise). SEULE de temps en temps. Siroter un SAVANNAH (cidre local). Aller à SWAKOP (la mer en week-end de temps à autre). Retrouver le SABLE (couleur terre battue de préférence). Recevoir et envoyer des SMS (ça marche quand même souvent). Faire des SUDOKU (pour rester vigilant de l’esprit). SPORT & SHOPPING pas trop. La SECHERESSE c’est une constante.

 

T. Monter les TENTES (avec ou sans piquets). Porter des TONGS (tous les jours). Vivre sans TV. Lire THE NAMIBIAN (les nouvelles locales). Prendre des TAXIS arnaqueurs (comme partout)

 

U. Clé USB (bien pratique au café Internet). « L’UNION de deux de ces êtres si imparfaits.... » est toujours vraie.

 

V. Etre en VACANCES (eh oui !). Aller à VIC FALLS (enfin découvertes....) Utiliser des VENTILATEURS (vachement utiles). Manger de la VIANDE séchée (succulente)

 

W. Avoir la surprise d’aller à WOLWEDANS : la magie opère... et revenir à WINDHOEK : ça opère moins forcément !

 

X. ou Q comme vous voulez c’est privé

 

Y. Y’a plus de jours sur mon visa de touriste

 

Z. ZOO PARK pour boire un verre. ZANIMAUX, évidemment. ZIP, pour allumer le feu, ça va plus vite. Etre en ZAMBIE de passage. Au ZIMBABWE, Mugabe est à éviter. ZUT, c’est fini.

 

Par Pagel - Publié dans : Billets d'humeur - Communauté : voyages aux 4 coins du monde
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